28 Novembre 2014 - Michelin : la CFE-CGC demande un volet social au plan de réorganisation de la logique de distribution

Le 18 novembre, Michelin a communiqué sur son projet de réorganisation de sa logistique de distribution en Europe. Le même jour, les livres 1 et 2 étaient remis au secrétaire du CCE. Un CCE extraordinaire aura lieu le 3 décembre prochain.

 

Il s'agit, selon la direction, de réduire les coûts de 10%, de réduire les stocks de 3,7 jours et d'améliorer la qualité de service en réduisant le délai moyen de livraison de 2 jours.
Quand on sait que l'organisation actuelle avait été mise en place pour assurer une livraison le lendemain de la commande (J+1), on mesure ainsi l'échec de cette stratégie.
Ce qui devait être un avantage compétitif sur la concurrence s'est transformé en un sujet d'insatisfaction des clients, dont beaucoup constataient des délais de livraison réels beaucoup plus longs que le J+1 promis.
La réorganisation annoncée vise de fait à calquer l'organisation sur celle des principaux concurrents européens de Michelin.
Comme trop souvent en pareil cas, ce sont les seuls salariés des services de distribution qui vont payer les conséquences des erreurs de stratégie des décideurs.

Pour la France, le projet prévoit la fermeture définitive de 6 des 8 centres de distribution : GRANS (Salon de Provence), RENNES (Chateaubourg), BORDEAUX (La Brède), BEAUVAIS (Allone), METZ (Ennery), LYON (St Priest). La distribution sera concentrée à partir des 2 sites restants, qui vont croître : Rouvignies et Clermont Ferrand (Chantemerle).
Le bilan des suppressions d'emplois directs est lourd : 95 emplois supprimés contre 37 emplois créés.
A ce bilan, il faut ajouter l'impact sur les effectifs indirects, qui sera encore plus lourd, dans un rapport de 1 à 5 entre emplois directs et emplois sous-traités (une grande partie des activités d'un magasin logistique est sous-traitée). Ce sont donc environ 300 emplois sous-traités qui vont être supprimés.

La CFE-CGC Michelin va demander l'ouverture de négociations sur le volet social du projet. Elle va s'engager dans cette négociation avec une exigence précise pour les salariés Michelin concernés: obtenir qu'il n'y ait aucun licenciement non volontaire. Pour cela, nous allons demander la mise en œuvre de mesures d'âge, d'incitation à la mobilité interne, et d'aide à la mise en œuvre de projets personnels. Nous estimons que cet objectif est largement atteignable compte tenu en particulier de la pyramide des âges et des possibilités de reclassement en interne.
En outre, la CFE-CGC sera exigeante sur l'accompagnement des salariés des sociétés sous-traitantes, afin qu'ils ne soient pas oubliés dans l'effort que l'on est en droit d'attendre d'une grande entreprise internationale qui supprime des emplois dans un contexte où elle réalise par ailleurs des profits importants.

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