2 Décembre 2015 - Plasturgie : la CFE-CGC réclame l’intégration d’une part des gains de productivité sur 10 ans dans les minima salariaux 2016

Dans la plasturgie, les négociations des minima salariaux ont commencé en juin dernier dans l'espoir de conclure un accord applicable dès janvier 2016 compte tenu des délais d'extension.
Hélas, il faut être deux pour danser le tango.
Les employeurs ont d'abord fait remarquer que l'inflation était très faible cette année pour estimer que l'augmentation salariale de 1% consentie en 2015 (accord étendu en mars 2015 seulement) couvrait de facto l'inflation. Ils ont aussi évoqué comme un frein le coût des matières premières qui, contrairement à celui du pétrole, n'aurait cessé de croitre sur la période.

 

La CFE-CGC qui refuse que les salaires servent de variable d'ajustement a contre argumenté en soulignant que selon les chiffres de l'OFCE, les entreprises de l'industrie avaient retrouvé leurs niveaux de marge d'avant 2008, et que les prélèvements obligatoires avaient nettement baissés pour les entreprises pendant qu'ils augmentaient pour les ménages.
La CFE-CGC a rappelé en outre que les revalorisations de la grille depuis plus de 10 ans sont perpétuellement en retard par rapport à la seule inflation, faisant remarquer que les sommes cumulées de ces retards sur la période représentent 6813€ pour le coefficient 900 (premier coefficient cadre).
La CFE-CGC a demandé que l'on aille au bout du mouvement de rétablissement des écarts hiérarchiques prévus pas l'accord de classification de 2004, lesquels avaient été mis à mal par des accords responsables du tassement de la grille en dépit de ses contestations.
La CFE-CGC estime qu'il serait légitime de faire enfin profiter les minima d'une partie au moins des gains de productivité sur cette période. En rappelant que les salaires ont augmenté de 2,4% en France en 2015, versus 2,6% prévus par Aon Hewitt qui pronostique une augmentation de 2,5% pour 2016, la CFE-CGC montre que les marges existent.

Elle suggère également d'envisager un accord d'intéressement visant à mieux partager les profits trop souvent confisqués par les actionnaires.

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