13 Novembre 2017 - Chimie : Négociation de la Convention Collective : L’esprit et la lettre

Employeurs et syndicats négocient actuellement la Convention collective nationale de la chimie (CCNIC). L’enjeu sera de compléter au mieux la législation du travail par des dispositions propres au secteur.

La Chimie CFE-CGC, comme une large majorité des partenaires sociaux, a choisi pour cet objectif le dialogue plutôt que le rapport de force. Elle s’attache à trouver pour les salariés des conditions de travail stables et dignes dans un environnement sécurisé, prérequis indispensable pour un développement durable des entreprises.

 Cette démarche de responsabilité est-elle partagée par les représentants patronaux ? La Chimie CFE-CGC peut en douter ! Avec la CGT et FO, elle avait fait parvenir à La Chambre patronale de la chimie (UIC) un projet d’accord en commission paritaire prévoyant l’impossibilité pour les entreprises de déroger aux dispositions prévues par la CCN touchant aux conditions de travail (primes, maintien du salaire en cas de maladie, indemnités de départ, maintien du CHSCT…). Une proposition que la partie patronale rejette au prétexte qu’elle ne correspondrait pas à l’esprit des ordonnances de la réforme du droit du travail.

 Le patronat de la Chimie joue ainsi avec les mots pour se soustraire à ses responsabilités de partenaire social. Comme d’autres le font chez Whirlpool en justifiant la mort d’une entreprise par la « légalité » de leur démarche. La légalité a bon dos, jusque chez les bénéficiaires des Panama Papers ! De plus, par son refus de négocier, il ignore ouvertement les impératifs de sécurité propres à la branche et sur lesquels le gouvernement ne cesse d’insister, marqué comme nous tous par le drame d’AZF.

La CFE-CGC ne veut pas croire que l’esprit des ordonnances est de fragiliser les salariés. Celles-ci définissent des principes qui sont confiés à la sagesse des partenaires sociaux, charge à eux de les interpréter au mieux des intérêts de l’entreprise et des personnels qui l’animent. Elle exhorte l’UIC à retrouver ses esprits afin que nos accords de branche et d’entreprises ne soient pas réduits au pied de la lettre d’une obtuse ordonnance.

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