27 Novembre 2017 - CMP du 22 Novembre 2017

Alors que Le Monde Economie nous décrit « Un climat des affaires au beau fixe » et que Les Echos affirment que « le climat des affaires est au plus haut depuis près de 10 ans. », la fédération de la plasturgie et des composites (FPC) préfère focaliser sur une incertitude fiscale qui menacerait selon elle la santé économique de quelques entreprises de la branche pour justifier le manque de générosité de sa proposition de revalorisation des minima (+0,9% pour une inflation de 1% à fin octobre)…
Prenant par ailleurs acte de l’éviction de la CFTC de la table des négociations, faute de représentativité, la FPC a aussi clairement que maladroitement fait savoir que les nouveaux équilibres de la représentativité syndicale de notre branche - CGT et CFDT dépassent l’une et l’autre les 30% nécessaires à la validation d’un accord, alors que FO ou/et CFE-CGC doivent nécessairement signer avec CGT ou CFDT pour valider un accord. – lui désignaient la CFDT comme l’organisation qu’il "suffisait" de séduire pour signer des accords...
La CFE-CGC a néanmoins à nouveau affirmé sa volonté d’obtenir enfin l’égalité professionnelle en réclamant que la branche convienne de critères précis et obligatoires de comparaison des rémunérations des hommes et des femmes dans les entreprises de la branche. La FPC est évidemment hostile à toute disposition coercitive, préférant s'en tenir à l'inoffensif rappel de la loi.
Il a aussi été question d’épargne salariale, mais les 2 propositions commerciales qui nous sont faites doivent encore être challengées.
La CMP a également examiné un projet d'accord s’appuyant sur la loi Mathys qui permet le don de jours de repos à un parent d’enfant gravement malade. Si le besoin nous apparaît évidemment comme légitime, la loi comme le projet patronal, sous couvert de pragmatisme, constituent à nos yeux une bien mauvaise réponse en ce sens qu'ils se détournent du caractère universel qui honore nos systèmes de protection sociale en protégeant chaque salarié sans distinction, pour lui substituer un dispositif de charité injuste, notamment parce qu’il exclue par nature trop de salariés (dans les petites entreprises, mais aussi les salariés des sous-traitants et intérimaires…).
Bien que cette injustice nous semble rédhibitoire, nous avons néanmoins pressé la FPC, promotrice de ce projet nappé des bons sentiments dont l’enfer est hélas pavé, de préconiser, à tout le moins, et comme gage de sincérité, que les employeurs abondent au dispositif, ce qu’elle a refusé catégoriquement. En revanche, elle a insisté pour que les signataires - FO, et probablement CFDT - se prononcent avant qu’un décret ministériel ne vienne officialiser la représentativité d’une seconde organisation patronale de la plasturgie - le haut conseil était réuni le même jour pour en décider - de sorte qu’elle « n’ait pas à partager avec ses concurrents le bénéfice d’image qu'elle lui trouve et dont elle entend profiter en communiquant sur cet accord.»
Charité… business.

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